Côte d'Ivoire: au moins cinq morts lors d'une manifestation contre Gbagbo

(INFO-UFR avec l'AFP) 

ABIDJAN — Une semaine après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne, l'une des manifestations lancées par l'opposition contre le président Laurent Gbagbo a été pour la première fois marquée vendredi par des morts, au moins au nombre de cinq.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est vivement préoccupé par la situation politique et par les affrontements de vendredi en Côte d'Ivoire et appelle au calme, a indiqué son service de presse.

M. Ban "exprime sa vive préoccupation face à la situation politique en Côte d'Ivoire et lance un appel aux parties prenantes à l'Accord politique de Ouagadougou afin qu'elles trouvent sans tarder une solution aux difficultés que rencontre le processus de paix ivoirien", selon un communiqué.

Il "lance un nouvel appel à toutes les parties concernées afin qu'elles préservent les acquis du processus de paix obtenus à ce jour, y compris la liste électorale provisoire. Il les exhorte à établir rapidement une liste électorale définitive" et appelle les parties à résoudre l'impasse politique actuelle.

Le chef d'état-major de l'armée loyaliste, le général Philippe Mangou, a condamné les protestations de ces derniers jours et affirmé que l'opposition était "responsable" de "tous les actes odieux en cours" à travers le pays, et devrait donc en "répondre".

Cinq personnes ont trouvé la mort vendredi à Gagnoa (centre-ouest), dans le fief du chef de l'Etat, lors d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, a indiqué le général Mangou, faisant état de "neuf blessés".

Il n'a pas précisé à quel camp appartenaient les victimes.

Une source hospitalière a évoqué de son côté un bilan de "six morts".

"La police et la gendarmerie ont chargé les manifestants en tirant à balles réelles", a déclaré Gildas Konan, coordinateur local du mouvement de jeunesse du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), l'un des principaux partis d'opposition.

Selon lui, la marche avait démarré tôt pour réclamer le "rétablissement" de la CEI et une nouvelle date du scrutin présidentiel.

Reportée depuis la fin du mandat de M. Gbagbo en 2005, l'élection est censée clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en un sud loyaliste et un nord contrôlé par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN).

Après les affrontements, les rues de la zone ont été désertées, et les forces de sécurité s'y sont déployées, a rapporté un journaliste local.

Depuis le début de la semaine, des manifestations d'opposition, parfois émaillées de violences mais jusque-là sans mort, se sont tenues à travers le pays contre la double dissolution.

Vendredi à Bingerville (sud, près d'Abidjan), des "troubles" ont eu lieu avant que "tout rentre dans l'ordre", a assuré une source policière.

A Tiébissou (centre), des échauffourées ont opposé manifestants et forces de l'ordre, selon des habitants.

Tour à tour depuis jeudi, le Premier ministre reconduit Guillaume Soro, leader des FN, le chef de l'Etat et le chef d'état-major loyaliste ont invité au calme.

Mais l'opposition a de nouveau appelé à contrer "par tous les moyens la dictature de M. Gbagbo", dont elle a réclamé la "démission".

Le climat actuel ne facilite pas la tâche de M. Soro, nommé à la Primature à la suite de l'accord de paix de 2007, et qui a obtenu un délai supplémentaire de 48 heures, jusqu'à samedi, pour former son gouvernement.

Il tente depuis une semaine d'y faire entrer l'opposition, réunie au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Mais le RHDP, en présence de ses deux principaux leaders, l'ancien président Henri Konan Bédié et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, a rappelé vendredi son exigence: pas de retour au gouvernement sans "le rétablissement immédiat de la CEI dans tous ses droits".

L'opposition soupçonne M. Gbagbo de vouloir reprendre en main la commission - qu'elle dominait jusque-là - à la faveur de la crise qui a emporté cette structure. Son président RHDP, Robert Beugré Mambé, avait été accusé par le camp Gbagbo et le parquet de "fraude" sur la liste des votants.

Selon leurs partis, le "facilitateur", le président burkinabè Blaise Compaoré, devait recevoir dimanche à Ouagadougou MM. Bédié et Ouattara pour sortir de l'impasse, qui a reporté sine die l'élection présidentielle.

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