Un jeune Italien, Pietro Maggiorelli, découvre le Pool, à pied

 

Département du Pool
Source: la semaine Africaine

Le 1/10/2008

       

Pietro Maggiorelli, 27 ans, de nationalité italienne, ingénieur agronome et membre de l’Association franco-italiano-congolaise Avec, a effectué une tournée dans certains districts du département du Pool, au cours des mois d’août et de septembre 2008. Après Brazzaville, il a voyagé, par camion, jusqu’à Kindamba, en compagnie de frère Jean-Claude Ntadi, représentant de l’Association Avec au Congo. Puis, il a fait Kindamba-Mayama à pied, pour s’enquérir de l’état dans lequel vivent les populations qui peuplent cette zone, après les conflits armés qui ont ravagé ce département, aujourd’hui meurtri. Son voyage de prospection dans le Pool permettra ainsi à son association de pouvoir intervenir dans ce département, en faveur des populations dans le besoin, particulièrement dans le domaine agricole. Dans l’interview livrée à La Semaine Africaine, Pietro Maggiorelli, qui a défié les réticences qui lui étaient exprimées de s’aventurer dans le Pool, un département considéré encore comme dangereux, sur le plan sécuritaire, pour les ressortissants européens, raconte son expérience dans cette mission, qui est tout un témoignage sur le retour de la paix au Congo, même si quelques difficultés persistent dans le Pool.

Pietro Maggiorelli.

* Monsieur Maggiorelli, dans quel cadre avez-vous effectué cette mission dans le Pool?
** Nous avons effectué cette mission dans le cadre d’une étude socio-économique pour faire un plan des activités que l’Association Avec, une association franco-italienne congolaise entend mener dans le Pool. Cette étude a consisté à observer les agriculteurs, le niveau économique des populations, les infrastructures de base et la vie des paysans.

* Est-ce que vous connaissiez déjà le Congo et surtout le Pool,  avant de vous engager dans cette mission?
** Non, certains membres de l’association étaient déjà au Congo. A travers eux, j’ai seulement pris quelques renseignements. En Italie, c’est très difficile d’avoir de la documentation sur le Congo, encore moins  sur le Pool. On reconnaît seulement en Italie que le Pool est une région (département actuellement) qui a connu les guerres civiles et elle est dangereuse à fréquenter. Cette région subit encore du banditisme.

* Quelles sont les difficultés rencontrées et dans quel état avez-vous trouvé les populations dans cette zone du Pool que vous avez visitée?
** La première difficulté, c’est à Brazzaville. Dès mon arrivée à l’ambassade d’Italie, où j’ai communiqué mes déplacements dans le Pool et mon plan de voyage, j’ai été découragé. On m’a fait très peur à propos du Pool. J’ai causé avec les fonctionnaires et un entrepreneur italiens qui m’ont fait peur. D’après eux, il ne fallait pas y aller. Mais, avec les renseignements de Jean-Claude Ntadi, j’ai décidé de partir et réaliser ma tournée.

Pendant ma tournée, j’ai constaté que les conditions de vie des populations sont difficiles. D’abord, le transport, l’école et les services de santé sont absents. Ensuite, les populations n’ont pas accès au grand marché, parce qu’elles ne peuvent pas évacuer leurs productions agricoles vers les grands centres de consommation. Beaucoup de produits pourrissent à Kindamba, pendant la saison des pluies, et à Mayama, pendant la saison sèche. Dans cette zone du Pool, il se pose un problème de l’exploitation économique dans les familles.

* Quelles leçons avez-vous tirées de cette tournée et quelles sont les actions prévues par l’association pour aider les populations congolaises de cette zone?

** Mon travail a été un reportage de la situation de la population du Pool et de l’Association «Avec» au Congo. Au regard de la situation, différentes initiatives seront entreprises,  pour appuyer le développement dans le Pool, notamment dans le secteur agricole. Il pourra y avoir d’autres petites initiatives personnelles. J’espère organiser un service de pharmacie villageoise. Mais, il est aussi question de chercher à augmenter la production agricole et la vente des produits. On va chercher, en Europe, des partenaires pour financer ces activités.

Propos recueillis par
Philippe BANZ

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