Que fête-t-on le 15 Août au Congo ?

Par UFRCONGOBRAZZA le 14/08/2008

 Peut-on dire du 15 Août que c’est réellement la fête nationale du Congo ?

 Le but d'une fête nationale ne consiste t- il pas à fêter une victoire symbolique des humiliés d'hier sur les forces qui autrefois les asservissaient ? Au Congo, le 15 Août,  jour de la commémoration de l’indépendance du pays, la fête nationale se résume uniquement à la tenue d’un défilé militaire auquel on fait participer des personnalités étrangères dont les chefs d'États étrangers. Que fêtent réellement les Congolais le 15 Août ?   

Si les Congolais l’ont oublié, nous osons leur rappeler ceci : la résolution du conseil de sécurité sur la proclamation de l'indépendance du Congo a été signée le 23 Août 1960. Le 15 Août est-il réellement la fête nationale ?

Si c’est autre chose, de quoi peut-il s’agir et que doivent faire les Congolais? En guise d’aide, pour la compréhension de ce dont il est question, il est conseillé de surfer sur le lien ci-après.

http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/152(1960)&Lang=E&style=B  

En effet, comme nous venons de le dire dans l'introduction, le but d'une fête nationale est celle de favoriser la cohésion et 1'homogénéité de la nation. La fête nationale  renforce symboliquement le sentiment d'appartenance à la nation. Elle a aussi une fonction de transmettre de génération en génération une histoire avec des héros qui  remontent aux passés. De plus,  la fête nationale renouvelle périodiquement les croyances à ces héros et aux mythes fondateurs de la nation, elle permettent ainsi de relier le présent au passé et d'inscrire le peuple dans une histoire qui les dépassent en tant quindividu. Et oui, la fête nationale doit raconter une histoire, elle doit mimer cette histoire, elle doit critiquer cette histoire; en quelque sorte, la fête nationale est une revanche symbolique des humiliés d'hier sur leurs bourreaux qualifiés de bouc émissaire de tous les maux de la nation.  

Le Congo a un passé très riche,  fait de luttes, de résistances et des désobéissances à l'égard du colonisateur. Des héros comme Matsoua  André Grénard,  Mabiala Manganga,  Bouéta Mbongo,  Magounga  ont payé de leur vie pour notre libérté. Si le 15 Août  est réellement une fête nationale, il devrait raconter , mimer, critiquer cette histoire  en les  rehaussant par des symboles, eux les  humiliés d’hier du système colonial Français. C'est par le sang de ces héros que devrait se faire la cohésion nationale et l'homogénéité de la nation Congolaise. (voir  http://www.commission-refugies.fr/IMG/pdf/Congo-prophetes_Eglises_et_milices.pdf ) 

Il n'y a pas de plus grand sacrifice que celui de donner sa vie pour la liberté des autres sans distinction de tribus, de langues et de régions. Oublier et négliger  ces héros de la lutte de libération du peuple congolais devenu indépendant depuis le 23 août 1960 est une faute grave,

car la fête nationale met en symbiose le passé et le présent, les vivants et les morts.  

Que fête t- on le 15 Août ?   Que peut – on dire du défilé militaire, des  invitations des chefs d'États étrangers à la fête nationale fixée au 15 août ?  Avant la conférence nationale souveraine de 1991, les Congolais fêtaient la chute du pouvoir de Youlou transformée en révolution  des trois glorieuse. Il était devenu en quelque sorte notre bouc émissaire idéal et l'image du colonialisme Français. Cette Commémoration de sa chute est une  mauvaise traduction de la commémoration de la fête de l’indépendance du Congo, donc une honte pour l'histoire du Congo. Certains responsables congolais ont voulu changer l’histoire et, en la changeant ce n’est plus de l’histoire du Congo qu’il s’agit. Dans cette façon de voir l’histoire, on  peut être amené à voir le 15 Août 2008 être fêté par Monsieur Sassou Nguesso comme une victoire militaire sur le régime de Monsieur Pascal Lissouba. Ce n'est pas cela la fête nationale.

A travers la fête nationale,  Les Congolais  du nord au sud, d’Est à l’Ouest  remercient les générations antérieures et regardent une même direction. Pour qu'une fête soit nationale, il faut qu'elle corresponde à un événement de portée nationale.

Mais que représente le 15 Août pour les Congolais?  Certes, Il y a  des  rassemblements et des manifestations dans le pays ce jour là. Mais où se situe l'intérêt des commémorations de héros du passé?  Je ne pense pas que le 15 Août soit une journée historique pour le Congo. C'est une victoire des ennemis de l'histoire du Congo sur le Congo. Aucun  média ne rappelle  les actes de bravoures    de nos ancêtres contre l'occupant colonisateur. Dans l'esprit des Congolais, on ne voit pas l'intérêt, à part que ce jour est férié, chômé et payé. Le 15 Août ne soude pas les Congolais. Au lieu d'unir la nation autour des symboles et les  héros du passé comme Matsoua..., la fête nationale du Congo divise les Congolais. Une Nation se fonde sur des valeurs, sur des  mythes et sur des héros, en permettant ainsi de relier le présent au passé et d'inscrire le peuple dans une histoire qui les dépassent en tant quindividus. Le jour de la fête nationale doit être un jour de rappel à celui, qui hier nous a asservi et à qui nous voulons dire aujourd’hui ceci: « plus jamais çà ! » C'est çà l'indépendance et la liberté. Les Français ne font-t-ils pas la même chose par rapport à ce qui a entravé leur liberté et indépendance ?

Au regard de tout ce qui précède, nous pouvons dire que le 15 Août, l'on  ne commémore pas la fête nationale car la fête nationale favorise la cohésion et l'homogénéité de la nation autour d'un passé commun avec ses héros. La fête nationale  renforce symboliquement le sentiment d'appartenance à la nation et à ses héros. Elle transmet de génération en générations une histoire, un passé commun avec ses héros qui remontent depuis les origines. La fête nationale a ce devoir de valoriser les héros nationaux d'hier. Travestir l'histoire de la nation revient à tuer pour une deuxième fois ces héros de la nation congolaise. Ce dernier cas de figure est l’œuvre uniquement des hommes politiques enfermés dans les idées communautaristes : c’est un crime contre la Nation et contre l'Histoire. Nous avons besoins des symboles pour vivre ensemble.  La fête nationale nous met en présence des symboles auxquels le peuple se retrouve. Il nous faut revenir donc aux fondamentaux pour bien vivre notre fête nationale.

 

UFRCONGOBRAZZA

 

 

 

 

 

 

 

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